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La Grande Traversée des Alpes en bivouac (GTA/GR5)

A la rencontre de la Méditerranée à travers de somptueux espaces naturels et préservés.
Sur les traces du GR5 au départ du lac Léman, en privilégiant au maximum le bivouac et l’autonomie. De Lille, je rejoins Genève en bus de nuit, puis  Lausanne en train pour prendre le bateau jusqu’à Saint Gingolph, point de départ de cette aventure.

Du Léman à la Vanoise

Traversée du Léman au bord du bateau « La Suisse »

 

Jour 1

L’arrivée en bateau traditionnel à vapeur à Saint Gingolph vaut le détour. La proximité avec l’eau est précieuse, quand on sait qu’on va passer près de 30 jours en montagne!  La toute première montée est rude, jusqu’au col  de Bise (1915m) où un troupeau de bouquetins s’est installé. Le premier bivouac se fera aux chalets de bise, sous la pluie, avec une bonne nuit de sommeil  de dix heures.

Jour 2

Je me réveille au sec et entame la longue descente jusque la Chapelle d’Abondance (Pensez à visiter la fruitière). Dans la descente je croise Karen, sud Africaine, que je retrouverai à la toute fin du voyage. Je marche d’un bon pas, une bonne partie en forêt et sous la pluie, et pousse jusqu’au col de Bassachaux (1780m) pour installer le bivouac peu après.

Jour 3

Nuit pluvieuse à nouveau, la tente sera difficile à faire sécher vu la météo : à peine le temps de ranger le campement que la pluie s’invite pour de longues heures. Il tombe des cordes lorsque je dépasse le refuge Suisse de Chesery. Je réserve par téléphone une place au refuge de  la Golèse pour pouvoir faire sécher mon équipement et passer la nuit au sec. Je ne le regretterai pas, la nourriture et l’accueil y sont excellents, et je partagerai mon repas et de chouettes échanges avec des randonneurs dont Joël, avec qui je marcherai pendant une semaine.

Un matin ensoleillé avant Samoëns

 

Jour 4

Nous prenons la route au petit matin vers Samoens sous un grand soleil. Les gorges de Tines et les cascades du Rouget, de la Pleureuse et de la Sauffaz, feront de cette longue  journée (28km) une très belle étape, agrémentée des discussions avec mon nouveau compagnon de route.  A l’approche du refuge Alfred Wills: émerveillement, un cirque de toute beauté ! Le refuge est plein à craquer, j’irai vite me poser au calme dans la tente, admirant la barre des Fiz, avant de plonger dans les bras de Morphée.

Jour 5

Je démarre en forme et découvre rapidement le lac d’Anterne, duquel j’aperçois au loin le sommet du Mont Blanc pour la première fois : magnifique ! La vue sur le massif depuis le Col d’Anterne (2257m) est à couper le souffle. Je n’avais jamais vu le mont Blanc, et il s’impose à moi dans toute sa splendeur. L’arrivée au Brévent (2368m) s’avère toutefois difficile, non pas tant à cause des rares névés traversés que par la quantité de touristes qui s’activent dans tous les sens. Je m’attèle rapidement à rejoindre le refuge de Bellachat*, pour y monter mon bivouac face au mont blanc, une vue digne d’un hôtel 5 étoiles !
*qui ne donne pas d’eau, attention… mais vend des bouteilles d’1,5L à 7 euros !

Le massif du mont Blanc

 

Jour 6

Le lendemain nous décidons avec Joël de prendre la variante vers les chalets de Miage. C’est une très belle étape agrémentée d’une traversée du torrent du glacier de Bionassay sur une passerelle impressionnante. La descente vers les chalets depuis le col du Tricot (2120m) est éprouvante mais l’arrivée en vaut la peine avec un bivouac idéal dans le cirque face aux dômes de Miage. Baignade dans le torrent et petit feu de camp en bonus.

Jour 7

Le lendemain, la vue depuis le col du bonhomme (2329m) sur le chemin déjà parcouru est frappante : se rendre compte de la vitesse à laquelle on peut parcourir cols et vallées en marchant quelques jours est fabuleux. Le chemin pour rejoindre le refuge du col de la Croix du Bonhomme (2433m) l’est tout autant. A l’arrivée quelques bouquetins et une bonne bière artisanale nous attendent avant de monter le bivouac, puis d’emprunter le soir même, par gourmandise, une partie des crêtes de Gitte. Un vrai régal!

Lac Roseland au loin, depuis les crêtes de Gitte

 

Jour 8

Voilà déjà une semaine de marche. Nous poursuivons sur les crêtes jusqu’à surplomber le lac de Roselend, et  contemplons la pierra Mantaz pendant la montée jusqu’au col du Bressons (2469m) qui est harassante. A l’arrivée au col nous sommes balayés par un vent violent et glacial. Nous redescendons rapidement jusqu’au refuge communal de la Balme, à l’accueil chaleureux, où je m’offre un joli cristal de roche au format de poche* et un bon repas chaud avec Joel.
*Le refuge propose à la vente de cristaux issus des environs, à des prix très amicaux.

Jour 9

Au réveil une descente nous attend avec Joël jusqu’à Landry où se trouve une toute petite épicerie. Le balisage en ville est inexistant et le soleil tape fort, nous sommes heureux de retrouver l’ombre en montant vers Peissey Nancroix. Le cirque qui se dessine à l’approche de Rosuel est de toute beauté, nous sommes à deux pas de la Vanoise, et on sent véritablement un changement dans la géographie.  Arrivé à Rosuel je croise une vieille amie de Lille venue assistée à un mariage ! Le monde est petit.  J’entendrai les festivités une bonne partie de la nuit depuis l’intérieur de ma tente.

De la Vanoise au Queyras

Lac peu après le col du Palet

 

Jour 10

De Rosuel, ce sera une courte journée jusqu’à Tignes où une amie m’a proposé de m’héberger. Au programme : repos, lessive, douche et barbecue au bord du lac me mettent en joie dès le matin J. J’entame donc la longue montée jusqu’au col du Palet (2652m), où je savoure au joli refuge une dernière bière avec Joël, qui fera étape ici pour la nuit. Nous échangeons nos numéros dans l’espoir de nous retrouver plus loin sur l’itinéraire. Ce soir j’irai me coucher bien plus tard que d’habitude, après avoir festoyé avec mes hôtes à Tignes : Merci Laura et Geoffrey !

Jour 11

Après un réveil difficile, je prends mon temps pour étudier les nombreuses options d’itinéraire qu’offre la Vanoise. Je reprends la route dans l’après-midi sur le GR55, et marche environ deux heures jusqu’à mon lieu de bivouac pour la nuit. Je suis heureux de me remettre en marche, qui plus est, en solitaire et en roue libre. Pour la peine je sors la flûte et improvise quelques notes pour les montagnes et les oiseaux qui m’entourent.

Jour 12

Le lendemain, je prends quelques infos au refuge de la Leisse sur les variantes possibles et décide de rejoindre le col de la Vanoise et de viser comme étape le refuge de la Valette : une variante originale qui sort complètement du GR. J’écoute « Le petit prince » en livre audio jusqu’au col de la Vanoise (2517m) où une petite marmotte m’accueille sans crainte. Le gardien du refuge m’indique un chemin alternatif pour le lendemain, vers le glacier du Génépi. Le col suivant – col du « Grand Marchet », 2490m – est vraiment pénible à monter. De là je contemple le chemin restant jusqu’au col de la Valette (2554m) : il me faudra traverser le cirque du Grand Marchet et les 4 ou  5 torrents qui s’écoulent des chutes d’eaux issues du glacier. Impressionnant!

Cascades au cirque du Grand Marchet

 

Jour 13

Réveillé sous la tempête au refuge de la Valette, j’ai à peine le temps de ranger la tente que la pluie s’invite. Je démarre donc les premiers kilomètres sous le poncho. Au bout de deux heures, la pluie se calme et je reprends confiance en me dirigeant vers le glacier du Génépi. Peut-être un peu trop confiant d’ailleurs, car je perds le chemin et me retrouve à devoir enjamber rochers, buissons et arbustes glissants, avec en prime un brouillard épais qui se lève. Je retrouve le chemin un peu plus tard mais, à peine le temps de souffler que l’orage se met à gronder. Les conditions se détériorent et la pluie s’intensifie très rapidement : je compte à peine 3 secondes entre les éclairs et le tonnerre, je décide de m’arrêter et de m’asseoir sur mon sac pour laisser passer l’orage. Vingt minutes plus tard, je peux reprendre la route, mais la pluie m’accompagnera jusqu’à mon arrivée, difficile, au col d’Aussois (2914m), où elle laissera enfin la place à un ciel relativement dégagé et quelques rayons de soleil. Je fais donc l’effort de grimper jusqu’à la pointe de l’observatoire (3016m) pour contempler le monde à plus de 3000 mètres pour la 1ère fois. Emouvant!

Jour 14

Je me réveille le lendemain d’un bivouac aux alentours du plan d’Amont, et retrouve le GR5, direction Modane, que je rejoins rapidement via le col du Barbier et quelques raccourcis dans la descente. Je récupère un colis en poste restante rempli de plats lyophilisés pour la suite de l’aventure et me pose au camping de Modane pour la journée : sieste, lessive, burger-frites, supermarché, bref de quoi recharger les batteries à fond.

Jour 15

Le lendemain j’ai pour idée d’aller jusqu’au Mont Thabor (3178m). Le poids du sac s’est bien alourdi à Modane à cause de ma gourmandise  et doit friser les 16Kg. Lorsque j’atteins le col de la vallée étroite, après 1500m de D+, sous une chaleur étouffante, je découvre qu’il y a encore 3h30 de marche jusqu’au sommet du Thabor! La montée me paraîtra interminable, et la petite chapelle au sommet, inaccessible. A l’arrivée, la vue incroyable sur les Ecrins effacera toute fatigue. Je prends le temps de casser la croûte et de contempler. Cette journée sera la plus longue – avec le sac le plus lourd – de toute la traversée!

Au sommet du Mont Thabor, les Ecrins au loin

 

Jour 16

Le lendemain, passant par Névache, je me dirige vers le lac de Cristol, via le GR5C. En effet je préfère évite le passage par Montgenèvre. Pourtant, j’apprendrai plus tard que le Mont Chaberton vaut le détour, mais soit, un choix s’impose et ma route m’amène vers le col du Granon (2404m), où je savoure une bonne bière artisanale, et trouve une cabane de berger abandonnée pour passer la nuit, avec une vue 3 étoiles sur les Ecrins, au pied de la crête de Peyrolle !

Jour 17

Une nuit reposante malgré la petite souris qui faisait des allées et venues dans l’abri. La matinée commence sur la crête, magnifique : la vue sur les Ecrins, le Queyras et Briançon est à couper le souffle. Longue sera la descente vers la ville fortifiée, où je flâne dans les ruelles du marché dominical et où j’installe le bivouac  au camping un peu trop fréquenté à mon gout mais, Pénélope, mon amie, me rejoint ce soir pour quelques jours, et c’est une nouvelle étape du voyage qui commence!

Fenêtre sur les écrins depuis l’abri en pierre

 

Du Queyras au Mercantour

Jour 18

Nous commençons la journée sous la pluie en montant jusqu’au col des Ayes où nous entrons dans le PN du Queyras. Trempés, nous faisons une halte bien méritée à Brunissard pour le déjeuner où nous savourons chocolats chauds et bons petits plats. De quoi repartir de bon pied pour remonter jusqu’au lac de Roue où nous poserons le bivouac pour la nuit. On ne se prive pas de la possibilité de faire un feu pour nous réchauffer une bonne partie de la soirée ! Après une semaine en solitaire, je suis heureux de pouvoir partager mon aventure avec un être cher.

Réveil ensoleillé près du lac de Roue

 

Jour 19

Réveillés sous un grand soleil, nous prenons la route vers Château Qeyras, puis la longue montée jusqu’au col Fromage (2297m), avant de redescendre tranquillement vers la jolie Ceillac, où dans le ciel, une trentaine de parapentistes flottent dans les airs. Une fois le bivouac installé au camping municipal (aux tarifs qui défient toute concurrence), nous savourons pizza et burger délicieux au restaurant « Le Pourquoi » : rapport qualité/prix imbattable !

Jour 20

Le lendemain, avant de monter vers le col Girardin (2699m), le lac Miroir d’abord, et le lac Saint Anne ensuite, sont propices à des pauses bienvenues. Arrivés au col, nous décidons alors d’emprunter une alternative au GR5, le GRP « tour du Chambeyron »,  pour gravir le lendemain la tête de la Fréma, à 3150m. Cette option nous amène dans un premier temps à Maljasset, avant d’entamer une dernière et longue montée vers le refuge Bivouac du Marinet (2578m). Par chance l’abri est vide, et nous nous sentons vite chez nous pour la nuit! La journée fut longue, et la nuit sera douce.

Jour 21

Départ matinal du refuge pour passer le col du Marinet (2787m), où nous basculons ensuite en Italie sur le sentier « Roberto Cavallero ». Personne à l’horizon, paysages lunaires, la variante nous plait ! Cependant marcher jusqu’au col de la Gypière (2927m) est difficile pour Pénélope, qui montre des signes de fatigue, et c’est au prix d’un gros effort qu’elle m’accompagne au sommet de la tête de la Frema. La vue est fantastique mais, des touristes bruyants et un pilote de drone nous gâchent un peu ce moment cher payé. Monter à 3000m, ce n’est finalement pas un gage de sérénité !
Au soir, nous bivouaquons paisiblement au bord du superbe lac Premier (refuge du Chambeyron).

Tête de la Frema, 3150m

 

Jour 22

Le lendemain, Pénélope souffrant du genou, nous décidons donc de faire une petite journée et de viser Larche. Dans la montée vers le col de Mallemort (2558m) je visite les baraquements. Une atmosphère étrange se dégage de ce lieu chargé d’histoire. Arrivés à Larche nous installons le bivouac près de l’air de camping-car, au calme à côté de la rivière. A Larche une connexion en navette est possible jusqu’à Barcelonnette, puis Lyon, alors que la suite du parcours offre très peu de connexion en bus ou train. Pénélope décide donc de s’arrêter pour se préserver : physiquement fatiguée mais mentalement ressourcée, elle repartira le lendemain. Nous profitons de notre dernière soirée tous les deux autour d’un bon petit plat.

Jour 23

Après les au revoir, je prends la navette gratuite jusqu’à Pont rouge qui me fait gagner plus d’une heure de marche. Le Mercantour apparaît peu avant le joli lac du Lauzanier. La vue est superbe depuis le pas de Cavale (2671m), et la descente vers le col des fourches offre un panorama très particulier, à moitié lunaire, et de toute beauté. Petit rafraîchissement à Bousieyas avant de remonter vers le col de Colombière (2237m) où des chevaux profitent de l’altitude. Le mont Mounier trône fièrement au loin.

Lac du Lauzanier

 

Du Mercantour à la Méditerranée

Jour 24

Douce atmosphère matinale à Saint Dalmas le Selvage.  Je profite de Saint Etienne de Tinée pour faire le plein de fruits. Le soleil tape fort et j’ai du mal à atteindre la station d’Auron, qui n’est pas très charmante. Je remonte vite vers le col suivant, en prenant bien garde de ne pas me faire faucher par les VTTistes qui foncent sur les pistes tout autour. Je trouverai dans la descente vers Roya un joli tumulus où poser la tente, face au Mounier, près des ruines de l’église saint Sebastien.

Jour 25

Depuis Roya, la montée jusqu’au col de Crousette (2480m), en passant par les falaises de Sallevieille, est magnifique. Peu avant le col un patou s’approche et joue son rôle de gardien, en aboyant tout autour de moi. La vue sur le Mounier est sublime. En approchant du petit village de Vignols, je remarque une énorme grotte (Barme de la Fiero) et décide de faire le détour pour observer cette curiosité géologique. J’y ferai une pause gourmande : du pain perdu de randonneur !
Je poursuis la route le long du Longon pour faire halte au refuge vacher, où j’installe le bivouac, et savoure un excellent dîner préparé par les éleveurs, entouré de randonneurs aux parcours divers, dont cet amateur de trail qui fait 3 étapes par jour, en courant, et qui reprendra la route à la frontale vers 21h, après le dîner et 3 verres de vin!

Falaises de Sallevieille et Mont Mounier à gauche

 

Jour 26

Après un très copieux petit dej’ au refuge, c’est une longue descente (1500m) jusque Saint Sauveur sur Tinée. Je poursuis jusque Rimplas sous une chaleur étouffante et arrive enfin à Saint Dalmas Valdebor, au camping à la ferme à l’accueil très chaleureux et aux installations tiptop ! Le bivouac installé, je pars visiter le joli village et sa supérette bien fournie, car c’est la dernière possibilité de ravitaillement avant Sospel. Je partagerai le repas avec 3 jeunes randonneurs, avec qui je me lierai d’amitié jusqu’à la fin du périple.

Jour 27

A partir de là : direction le GR52A , pour faire durer le plaisir, pénétrer au cœur du Mercantour, visiter la vallée des Merveilles et finir l’aventure à Menton plutôt qu’à Nice ! Nous remontons donc vers le Nord, des cols et des lacs les uns après les autres, jusque la jolie vue sur le vallon du Barn. Après le col de Salèse (2031m), le vallon du même nom est vraiment ressourçant au sein de la forêt communale de St Martin Vesubie, jusqu’au Boréon, où nous bivouaquons au bord de la rivière.

Col de Salèse

 

Jour 28

Dans la vallée du Boréon s’ouvre la longue montée jusqu’au Pas des Ladres, en passant par le magnifique lac de Trecolpas. Peu avant d’arriver au pas, le temps change et des gros nuages s’invitent, si bien que la visibilité tombe à 10 mètres. Je décide de pousser quand même jusqu’au col de Fenestre (2474m) en espérant une ouverture dans le ciel, en vain. Je croise un jeune et vaillant bouquetin qui restera longuement à mes côtés. Direction la Madone de Fenestre, sanctuaire à la longue histoire emplie de légendes. Les framboises pullulent aux environs ! Des vitamines pour la montée suivante qui sera longue jusqu’au Pas du Mont Colomb (2548m), très étroit et accessible de chaque versant par des pierriers délicats. Prudence de rigueur ! Je poserai le bivouac un peu plus loin, près du joli refuge de Nice, où je tombe sur Karen, que j’avais croisé le 2ème jour ! Nous partageons nos impressions sur cette aventure, dont la fin approche à grand pas.

Jour 29

Départ sans se presser, l’étape du jour est courte : direction le refuge des Merveilles, où j’ai réservé une visite guidée des gravures de la vallée avec une guide de montagne (4 par jour en été). Très vite, beaucoup de pierriers me rappellent le GR20. Nous pénétrons rapidement dans la zone réglementée des Merveilles : on range les bâtons (embouts métalliques interdits). Dans l’après-midi, la visite, très intéressante, nous permet de découvrir de nombreuses gravures millénaires, révélées après la dernière ère glaciaire.

Le « Christ » , gravure dans la vallée des Merveilles

 

Jour 30

Le lendemain, plusieurs lacs se dévoilent jusqu’au pas du Diable, duquel nous apercevons pour la première fois la Méditerranée ! Nous longeons plusieurs crêtes jusqu’à la pointe des 3 communes (2080m) : nous faisons l’impasse sur le Camp d’Argent pour raccourcir le trajet et rejoindre la jolie ville de Sospel le soir même : la longue descente pour y arriver sera récompensée par plusieurs bières en terrasse au soleil. Le camping municipal est charmant et bien géré (ouvert uniquement l’été).

Jour 31

La mer – et la fin de cette aventure – se rapprochent à grand pas ! Aussi je prends mon temps ce matin ; quelques emplettes au minuscule marché dominical et un temps intérieur à l’église Saint Michel avant de quitter Sospel. Il fait très chaud et je m’arrête rapidement à un point d’eau où un troupeau de chèvres se joint à moi pour se désaltérer. La suite du chemin se fait principalement à l’ombre, et j’arrive bientôt à un endroit émouvant : la mer se dévoile à nouveau à nous, bien plus proche cette fois. J’ai très envie de courir y plonger ! Mes compagnons de route sont déjà arrivés à Menton mais, je fais durer le plaisir et me pose près d’anciennes ruines dans les hauteurs (850m), d’où je peux contempler la mer et savourer un dernier bivouac sauvage.

Dernier bivouac avant de rejoindre la mer

 

Jour 32

Depuis celui-ci, j’observe Menton éclairée par le coucher, puis le lever du soleil, et j’entame la descente vers l’ultime étape de cette aventure. Cette partie me semble interminable, si bien que je cours sur certaines portions du chemin, pressé comme jamais de plonger dans cette mer au bleu si caractéristique, que je vois pour la première fois. Arrivé à Menton, je ne peux cacher ma fierté, accompagnée d’un léger choc intérieur : le retour à la civilisation. Nous sommes lundi, il est 10h, et la plage est déjà très fréquentée. Je pose le sac sur le sable et plonge dans l’eau terriblement bonne, la sensation est divine ! Entouré de ces vaguelettes et des bâtisses colorées au loin, je savoure la fin de cette aventure. Je viens à peine de les quitter, que les Alpes me manquent déjà

Menton, ultime étape de cette aventure

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