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Le tour de la Bretagne à vélo

10 jours pour découvrir ma région, que je connais si mal…

L’idée de ce tour de Bretagne m’est venue il y a très longtemps. En effet, pendant mon enfance, je me rappelle avoir entendu mon oncle qui avait réalisé un tour de Bretagne à mobylette avec ses potes quand il était jeune. A l’époque, je trouvais ça incroyable ! Complètement dingue même ! Mais avec le recul et mes expériences de voyages à vélo, je me suis dit que finalement c’était largement réalisable, même avec un vélo ! Et oui j’ai déjà une belle expérience de voyage à vélo. Entre 2015 et 2016, j’ai réalisé un tour de l’Europe à vélo avec un ami. L’aventure aura duré 10 mois et nous avons parcouru 16 000 kms à travers 28 pays. Une année après notre retour en France, il faut dire que l’envie de pédaler de nouveau est bien là !

J’habite à Theix-Noyalo, une ville située à une dizaine de kilomètres de Vannes. Lieu idéal pour débuter ce tour car il est situé non loin de la limite avec le département de la Loire Atlantique. Je décide donc de commencer ce périple par la côte sud en direction du Finistère.
J’ai déjà voyagé dans de nombreux pays dans le monde mais finalement, je me suis rendu compte que je connaissais très peu la région où j’habite depuis toujours. J’ai du temps, je suis en forme physique, c’est le meilleur moment pour réaliser ce défi.

Carnac

 

Je pars donc début août, avec le minimum de matériel rangé dans mes sacoches arrière pour être léger et réaliser des distances relativement importantes chaque jour. J’ai beau partir en plein été, en Bretagne, je sais que le temps ne sera pas toujours avec moi et que les risques d’averses et de vents défavorables sont bien connus. Et d’ailleurs, cela va se confirmer très vite !

Jour 1 : On chauffe les jambes !

Je débute cette première étape par des routes que je connais bien. Je roule en direction de Port-Navalo pour traverser l’entrée du Golfe du Morbihan. L’endroit est réputé pour ses quarantaines d’îles et détient le deuxième courant le plus fort d’Europe, appelé le courant de la Jument. J’emprunte donc un passeur pour me rendre dans la ville de Locmariaquer. Et déjà, la pluie s’invite durant la traversée…
Je continue ma journée en longeant la côte et en passant par les villes de Carnac, Erdeven, jusqu’à Riantec où je plante ma tente pour le premier Bivouac après 76 kms.

 

Alignement de Menhirs à Erdeven

 

Jour 2 : Passage dans le Finistère

Je me lève tôt le matin pour me donner un maximum de chances de réaliser une étape plus importante que la veille. Aujourd’hui, je prends encore une fois un passeur à Port-Louis pour me rendre dans la ville de Lorient. Le temps est idéal pour faire du vélo. En passant par la ville de Guidel, je quitte le Morbihan pour le département du Finistère et déjà, je me rends à l’évidence : la Bretagne n’est pas plate…
En passant par les villes finistériennes de Pont-Aven et de Concarneau, je rejoins la ville de Bénodet où j’installe une nouvelle fois ma tente dans un champ, à la sortie de la ville, après une étape de 94 kms.

Fort-Bloqué de Ploemeur

Passage dans le Finistère

Passage dans le Finistère

Bénodet

Jour 3 : Vent de face

Dès le réveil, un fort vent d’ouest annonçait une journée difficile. Cela ne m’a pas empêché de réaliser une étape de 87 kms et de profiter de mon passage à la pointe de Penmarc’h pour voir le phare d’Eckmühl mesurant 60 mètres de haut. L’objectif de la journée est de me rapprocher le plus possible de la pointe du Raz car une tempête est annoncée le lendemain. Il paraît que ça vaut le coup de voir cette fameuse pointe un jour de tempête… Allons voir ça !

Phare d’Eckmühl

 

Jour 4 : Pointe du Raz, jour de tempête

La tempête est bien là. Je consacre alors toute ma journée à la visite de la pointe du Raz. Mon campement est à environ 5 kms de la pointe. Je décide donc de laisser mon campement en place et partir au plus léger pour braver le vent puissant et les fortes averses de pluie qui se déchaîne sur moi. A peine arrivé sur le site, le spectacle est au rendez-vous. Malgré le nombre important de visiteurs, tout le monde est saisi par la puissance de la nature. Du haut de la falaise, on aperçoit les vagues s’écraser sur la roche et chacune d’entre elles provoque un bruit assourdissant. Je rentre en fin de journée au campement et me remémore cette journée incroyable. Comme quoi, même le mauvais temps peut embellir une journée.

Pointe du Raz

Plogoff

Jour 5 : De tout à rien…

Pour une fois, je débute la journée avec un vent dans le dos jusqu’à la ville de Douarnenez. Mais dans l’après-midi, l’étape se corse avec un changement de direction du vent qui se retrouve de face, avec une route vallonnée et un temps pluvieux. Difficile de prendre du plaisir dans ces conditions. Heureusement, le paysage est là pour remonter le moral et trouver l’énergie pour progresser. Je traverse la ville de Crozon avant de prendre le passeur pour arriver au port de Brest. Je plante une nouvelle fois ma tente à la sortie de la ville, après avoir parcouru 90 kms.
                                                                       

Baie de Douarnenez

Bivouac sortie de Brest

Jour 6 : La centaine dépassée

Je me lève avec une envie de faire une longue étape et dépasser la centaine de kilomètres. Tel est mon objectif. Mais ça commence mal. Lors de mon passage dans la ville de Porspoder, le long de la côte, je m’aperçois que l’un de mes rayons se casse. Cela est sûrement dû au poids trop important que subit ma roue. Mais je sais que ce n’est pas grave. Pendant le tour de l’Europe, on avait des vélos bien plus chargés. J’avais roulé environ 200 kms avec une roue arrière qui possédait 7 rayons de moins… Alors ce n’est pas un rayon en moins qui va me faire peur.
Finalement, un léger vent dans le dos et une belle route plate et droite m’amènent à destination, avec 124 kms au compteur. L’objectif est atteint.

Porspoder

 

Jour 7 : Passage dans les Côtes d’Armor, département qui porte bien son nom…

Cette nouvelle étape n’a rien à voir avec l’étape de la veille. Cette fois, la route n’arrête pas de descendre et monter mais je me sens bien physiquement et prêt à affronter le relief. Je débute ma journée par un passage dans la belle ville de Morlaix et m’arrête pour la pause méridienne à Lannion. J’ai donc toute l’après-midi pour atteindre l’une des côtes les plus visitées de France, la côte de Granit Rose. Je rejoins les villes de Trebeurden, Tregastel et Perros-Guirec en longeant la côte. Les paysages sont magnifiques et je sais déjà que j’aimerais découvrir cette côte d’une autre façon… D’ailleurs, sur mon chemin, j’aperçois de nombreux randonneurs qui empruntent le GR 34 (un chemin de grande randonnée qui longe les côtes bretonnes). Ça donne des idées…
Je reprends la route pour quelques dizaines de kilomètres supplémentaires et planter ma tente à la sortie de Paimpol, après une journée de 115 kms.

Trebeurden

Perros-Guirec

 

Jour 8 : Il y a des jours avec et des jours sans

C’est le premier jour de ce périple où je sens que mon corps est fatigué et que le moral n’est plus là. Mais une chose est sûre, c’est que je ne peux pas abandonner là. Dans ce genre de situation, la solitude représente un énorme désavantage alors que je n’y voyais que des avantages jusque-là. Pendant ma première expérience de voyage à vélo, le tour de l’Europe en 10 mois, il y avait forcément des moments ou l’un d’entre nous n’avait pas le moral. Mais il y en avait toujours un pour remonter le moral de l’autre. Dans cette nouvelle situation, seul, on discute avec soi-même et ce n’est pas toujours simple de basculer vers un état d’esprit positif et motivant. C’est pourtant ce que je vais arriver à faire et finalement, je termine une journée de 120 kms et dors à proximité de la ville de Dinard.

Champ d’Hortensias

Erquy

 

Jour 9 : Et alors ? Le départ du tour de France était bien en Angleterre en 2014!

L’envie de rentrer est présente mais j’aime les défis et je veux m’en donner un nouveau : rejoindre le Mont Saint Michel. Certes, c’est en Normandie et non en Bretagne, mais peu importe, ce monument, qui est le deuxième le plus visité de France après la Tour Eiffel, en vaut le détour. D’ailleurs, je l’aperçois déjà 30 kilomètres en amont et à chaque kilomètre parcouru, je le vois s’agrandir petit à petit jusqu’à mon arrivée sur place. Malheureusement, avec le nombre de visiteurs important, l’accès aux vélos est interdit pour se rendre au pied du monument. Mais n’est-il pas plus impressionnant vu de loin ? Je m’obstine à le penser pour ne pas être déçu.
L’arrivée au Mont Saint Michel est importante pour moi. Elle symbolise la fin de mon tour de la Bretagne par la côte. Désormais, il ne me reste plus qu’à traverser la Bretagne par les terres et rejoindre la ville de Theix-Noyalo, mon point de départ.
Je commence cette traversée du centre Bretagne en début d’après-midi en passant par Combourg et Montauban-de-Bretagne et me rends compte que la campagne bretonne a moins de charme que ses côtes. Cette étape sera la plus longue de ce périple avec 129 kms parcourus. Je passe la nuit dans un hangar après avoir demandé la permission à un vieil homme solitaire qui profite de mon passage pour faire la causette. Je peux bien lui donner un peu de mon temps, il m’a autorisé à dormir dans sa ferme.
                                                      

Mont Saint Michel

Bivouac dans la ferme

 

Jour 10 : Retour au bercail

Motivé plus que jamais à rentrer à la maison, je réalise les 87 kms restant rapidement et rentre à la maison vers les 14 heures. Les derniers kilomètres sont toujours les plus difficiles… Mais j’y suis arrivé ! Enfin ! J’ai réalisé le tour de la Bretagne à vélo en 10 jours et 940 kms. Je suis content des personnes que j’ai pu rencontrer, des performances physiques que j’ai atteintes et des paysages que j’ai découverts. Je sais désormais que la Bretagne n’est pas plate et qu’elle comporte des richesses insoupçonnées, tant dans les paysages que dans les mentalités de ses habitants. Je prends conscience qu’on cherche naturellement à en savoir plus sur les cultures des autres pays, alors que nous en savons tellement peu sur ce qui nous entoure.

Carte tour de Bretagne

 

6 commentaires

poeuf marie claude

bravo je viens de voir et lire ton voyage a travers la bretagne a quand le tour du monde?? gros bisous des solognots

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Christelle

Je viens de lire ton parcours. Bravo Flo! Je te souhaite également la réussite de ton projet! Je vais devenir fan!

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Yves

Bonjour Florian,
Je me permets une petite rectification géographique : l’anse de Penfoul (photo) se situe sur la commune de Landunvez et non celle de Porspoder.
Mais l’essentiel est que j’ai pris du plaisir à lire ton récit. Je partage ton ressenti concernant les lieux que je connais. La Bretagne est un monde à explorer…

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Jeanne Gaudron

Quel périple ! Bravo et pourvu que ca dure et que tes projets futurs se réalisent 😉 bises d’Avignon.

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perrier claude

Un instituteur recommandait dans mon enfance de partir à la découverte de sa région avant d’ envisager un périple vers les merveilles de la terre.
Bravo

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