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5 humains, 3 huskies en trek dans le Cantal

Moi, c’est Flip, husky Sibérien de 2 ans en pleine possession de ses moyens, il parait que je peux encore gagner en intelligence disent mes potes.

Me voilà sous mon plus joli profil

 

Mes potes, ce sont les huskies de la Meute Parisienne et les 2 avec qui je suis parti à l’aventure dans le Cantal sont Luffy et Lewok.
Luffy, c’est le chef, calme et balaise, on est toujours d’accord avec lui et Lewok c’est son petit frère, un beau gosse qui se la pète un peu, bon copain, mais on se bagarre souvent lui et moi.

Le chef Luffy suivi de Lewok et moi (Flip)

 

Et il y a Tact, Tact était chez moi depuis plusieurs années quand je suis arrivé. Tact, c’est un berger Malinois, pas un husky, il aimerait bien, j’essaie de l’entraîner mais c’est difficile.
Tact, c’est le “Boss”, rusé comme un chien Sioux, il m’a tout appris , comment faire semblant de dormir quand on veut avoir la paix, comment voler les œufs de Pâques en chocolat, comment trouver les sacs de croquettes, même quand ils sont bien cachés etc…

Cet été, nos parents, je veux dire maîtres et maîtresses (entre nous on les appelle les bipèdes) ont décidé d’aller randonner 3 jours en bivouac dans les monts du Cantal. Il a fallu qu’on les accompagne, le Cantal, c’est pas la Sibérie mais notre atavisme, l’expérience des centaines de générations de huskies accumulée en nous allait forcément leur être nécessaire.

Avec Tact, on s’est marré pendant une semaine à voir Mathilde préparer son sac à dos.
Mathilde, dite Math l’embrouille, c’est ma maîtresse un peu fofolle, qui rigole souvent et oublie sans arrêt ses affaires, mais c’est un peu elle qui organise. Avec Tact, on l’aime bien surtout quand elle nous emmène en promenade.
Pour son sac, elle l’a refait dix fois. Est ce que je prends un pull ou deux pulls, finalement j’en prends pas. Est ce que je prends des boites de conserves ? On a bien vu que c’était la première fois, on surveillait surtout qu’elle n’oublie pas les croquettes.

Finalement, on est partis le 3 Juillet direction Mandailles Saint Julien dans le Cantal pour faire une boucle de 3 jours du GR400. 500 kms, 6 heures de coffre arrière, banquette arrière, genoux, coffre arrière, banquette, finalement le temps est passé assez vite, heureusement qu’on les a pas fait à pattes.

Dès qu’on arrive sur le parking de Mandailles, le point de départ, en début d’après midi, ils prennent un déjeuner rapide et ils veulent partir tout de suite. Nous on était pas fatigués, en tout cas, moins que Mathilde et Noémie qui avait conduit les 2 véhicules, ce qui allait leur servir d’excuses plus tard.

Noémie, une bipède de la bande n’a pas de husky, mais elle pourrait, tout le temps en train de chanter pour éviter qu’on traîne, son frère est animateur de colo et elle connait toutes les chansons.

Léa et Luffy, Mathilde et Flip.

 

On est partis, mais il semble que la carte ne soit pas précise et on arrête un jeune labrador local et son maître Léon pour leur demander le chemin. Moi, je m’en fiche, mais Luffy est un peu inquiet, on a bien eu raison de venir, ils ne vont pas pouvoir se débrouiller tout seuls.
Apitoyé, Leon nous accompagne jusqu’au départ du chemin de randonnée. J’ai vu le Labrador ricaner, celui-là si je le retrouve au retour, il va passer un sale quart d’heure, on ne se moque pas d’une meute de huskies avec des centaines de génération de chiens pisteurs derrière eux, juste parce qu’ils sont accompagnés d’une bande de bipèdes amateurs.
On attaque en côte, 700m de dénivelé d’une traite. On a les harnais et chacun de nous traîne son bipède.

Léa et Luffy, Léo et Lewok

 

Au fait, Tact le Malinois n’est pas venu, parce que la Sibérie c’est pas son truc. En parlant de Sibérie, il fait au moins 30° et on a gardé nos doudounes à poil double.
Mais, pas de problèmes, j’ai une charge à traîner, cela me repose les neurones, je sens bien le harnais qui tire sur les épaules, les pattes prennent tous leurs appuis sur la terre du chemin, je n’attends qu’une chose les ordres de direction “dji”, “aouh” ou “Droite”, “Gauche”.
On dirait que j’ai fait çà depuis des milliers d’années.
Luffy tracte Léa, la chance c’est la plus légère. Léa c’est la plus jeune des bipèdes, une marrante aussi un peu stressée, elle attendait les résultats du bac, mais cool, elle adore aussi les huskies.
Lewok, lui est avec Léo, le frère de Léa, (il y aura un contrôle à la fin du récit).
Pendant tout le début, il y a un troupeau de vaches qui nous a suivi le long du chemin, mais on était concentré sur la ligne du chemin, on a rien pu faire, nous les descendants de chasseurs d’ours et autres tigres de Sibérie. Le chemin était dans les bois avec des sources et des ruisseaux partout, ce qui nous convenait parfaitement.
Luffy et Lewok sont arrivés les premiers en haut, au Puy Griou, moi je trainais Mathilde, j’avais une excuse.

Petite pause pour les premiers arrivés !

 

On s’est regroupé pour un bon goûter, Pom-potes pour nous et barres de céréales pour les bipèdes. A partir de là ça montait moins et on progresse sur des crêtes avec des superbes paysages de fin de journée.

Cani-randonnée

 

Au bout de quelques kilomètres, ils ont trouvé un super emplacement de camp juste avant le col de Rombières, il y avait une source à 50 mètres, on a pu boire de l’eau fraîche avec nos croquettes, un dîner parfait. Là-dessus, un coucher de soleil, 2-3 hurlements qui se terminent en bâillements et au panier.

Noémie a eu le privilège de dîner avec l’alpha Luffy

Notre camp

 

On a tous dormi d’un sommeil de plomb dans nos tentes respectives, les filles auraient eu froid aux pattes, aux jambes je veux dire. On est prêts pour le petit déjeuner et une journée entière de promenade avec les copains, cela change des bords de Seine et des hordes de chien-chiens.

Noémie porte la poubelle, aujourd’hui c’est elle qu’on préfère et on est tous les trois prêts à la suivre n’importe où. Quel parfum…..
Super beau temps, grand soleil, air frais, on avance à flanc de montagne, cela monte doucement et on continue à tracter les bipèdes avec entrain et bonne humeur.
Le soleil tape quand même et on boit beaucoup. Lewok profite de chaque ruisseau pour se coucher dans l’eau et ne plus vouloir repartir. Toujours à se faire remarquer celui-là. Si je ne me retenais pas, un bon coup de dents sur les oreilles et il filerait droit, mais c’est le chouchou avec ses airs de beau gosse.

Luffy lui, préfère boire comme ses humains.

 

Des panneaux indiquent un itinéraire bis, parce qu’il y a une portion d’escalade devant. Qu’à cela ne tienne, on prend l’escalade.
Les bipèdes décident de nous libérer des harnais, parce qu’ils ont peur de ne pas suivre notre rythme d’enfer dans les rochers. Ils n’ont pas tort, vu les hésitations de Mathilde avec son sac de 15 kg. Gros passage, mais on se retrouve tous en haut sans difficultés.

Luffy en profite pour poser vu que Monsieur est arrivé premier.

 

En face de nous le Puy Mary 1783 m d’altitude, plus grand volcan d’Europe, même pas peur, mais quand même un chemin de pierres de 600m à 20% pour arriver au sommet.

Léo et Lewok, concentrés et toujours en tête.

 

On commence attachés mais on nous laisse vite libres vu la chaleur et l’effort demandé.
Yves et Leo distancent rapidement les filles qui ont un peu plus de mal avec les sacs dans la pente et sous le soleil qui commence à tourner au plomb. Moi, je reste avec les filles au cas où Mathilde aurait besoin de moi. Luffy et Lewok avancent bien en tête, il y a pas mal de monde sur le chemin. Je vois Luffy et Lewok passer le sommet loin devant Yves et Leo et au vu des cris et de l’agitation des deux bipèdes je comprends qu’ils ne se sont pas arrêtés pour attendre au sommet et qu’ils ont enchaîné la descente de l’autre côté. Finalement, j’aurais dû les suivre, une bonne descente à 3 huskies de 25kg dans les pierres, à fond la caisse en faisant peur aux gens et en se donnant des coups de dents sur les épaules pour ne pas ralentir, c’est quand même top. Mais bon, j’ai été raisonnable.
Ils finissent par remonter, la langue un peu pendante et on se repose tous au sommet 20mn pour profiter de la vue et des milliers d’insectes qui nous tournent autour. Nous cela ne nous gêne pas, mais les humains oui. On repart dans la descente tranquillement.
Ca y est, ils s’arrêtent pour manger, nous aussi. Comme on ne repart pas tout de suite, avec les copains, on se fait une sieste de husky, on se réveille à 17h …..

Ceci est une sieste de husky.

 

Je comprends qu’on est super en retard sur l’horaire et on repart immédiatement. Après une heure de marche, on attaque l’ascension du col du Redondet, facile, on tracte de nouveau les humains et leurs sacs. Dans la descente, Léo découvre qu’il a perdu son téléphone, tout le monde fait demi-tour et cherche partout. Moi, si j’avais perdu mon collier, j’en ferai pas une histoire pareille, mais c’est peut être un téléphone anti-puces.
Là, Yves le grand a une idée géniale, il se connecte avec son téléphone sur le compte Google de son frère et lance la détection de son téléphone, et ça marche. Google montre le téléphone dans une zone vierge de 20 km de diamètre avec les nôtres à coté, il ne doit pas être loin. Après étude détaillée des traces des ruisseaux et de l’échelle de la carte Gmap, Yves remonte jusqu’au sommet précédent et revient avec le portable. Là, je dois avouer que même avec du flair, on aurait pas su faire çà.

Le soleil commence à se coucher, on commence à s’inquiéter..

 

Il est près de 20h et on doit encore trouver de l’eau et un camp pour le soir. On trouve l’eau une heure après et un bon camp encore une heure après. 22h00, on mange, on est bien, on hurle et on se couche. Quelle belle vie de chien !

Pendant que les bipèdes admire le coucher de soleil, Luffy et Lewok commence
leur nuit.

Léo, Mathilde, Noémie et moi qui préparons le dîner.

 

Deuxième nuit sous la tente, super bien dormi, comme tout le monde. Avec Yves, Mathilde et Léa on regarde le soleil se lever quand tout à coup je vois une biche à 50m. Nom d’un Samoyède, mon sang ne fait qu’un tour et un millénaire d’instinct de chasseur se réveille et je fonce sur elle comme une bombe! Je me retourne quand même pour voir si Mathilde est toujours là et la biche en profite pour disparaître et le millénaire pour s’évaporer. J’ai failli l’avoir, les copains vont encore se moquer de moi, mais je suis quand même le seul à l’avoir vue.

Aujourd’hui, grande distance en redescente vers le point de départ. En prenant le petit déjeuner, ils s’aperçoivent tous qu’ils ont pris des coups de soleil sur les épaules et les oreilles hier. Voilà ce qui arrive quand on se promène sans son poil double.

Séance étalage de crème solaire pour les humains et grasse matinée pour nous
les huskies.

 

Ca descendait, on était contents mais on n’arrêtait pas de se faire engueuler par nos maîtres qui en avait assez de nous retenir dans la descente. Je ne ne comprends pas toujours la psychologie bipède, quand c’est facile, ça ne va pas ?? Il fait super chaud, il n’y a pas un souffle d’air de ce côté de la montagne et on n’avance pas…

La descente vers Mandailles notre point d’arrivée.

 

Cà y est, on voit le village de Mandailles, Noémie se met à chanter, “le petit pamplemousse”, “Hakuna Matata”, “Reine des Neiges”, tout le monde participe, nous aussi, on essaie un peu et le moral et l’allure remontent. Village de St Julien, traversé sans arrêt, plus que deux kilomètres et enfin l’arrivée à Mandailles vers 15h30 aux voitures !
Détente, repos, baignade dans la Jordanne pendant 2 heures. Nous on a dormi comme d’habitude.

La fine équipe de gauche à droite : Léo, Lewok, Luffy, Léa, Mathilde, Flip,
Noémie. Sans oublier Yves, notre photographe et également frère de Léa et Léo, donc
humain de Luffy et Lewok. Vous avez tout suivi ?

 

Au moment de charger les voitures, Yves le Grand s’aperçoit qu’il n’a pas son trépied d’appareil photo !!!! Conciliabules, remontée dans le temps, il n’y a pas de doutes, il a été oublié au Cassaïre, le lieu du dernier bivouac 6 heures auparavant, je pense que c’est la biche qui l’a volé, elle n’avait pas l’air très nette dans sa fuite.
Ils abandonnent le trépied à son sort et s’imaginent le randonneur innocent qui a trouvé cet objet insolite oublié dans la nature.
Vers 19h00, je monte dans le coffre de la voiture de Mathilde pour continuer ma sieste et 5 mn plus tard vers minuit et demi, je me réveille Porte d’Orléans.
Un woof d’au revoir à mes copains dans l’autre voiture et on rentre à la maison. Je dois tout raconter à Tact, surtout la biche, ça va lui plaire.
Depuis cette aventure, on a emmené nos bipèdes à Morzine en Août, et dans Jura en Septembre.
Entre temps on se retrouve avec La Meute Parisienne les week-ends pour s’entraîner à Fontainebleau et autres forêts d’Île de France.
On est sur les réseaux sociaux (La Meute Parisienne sur Facebook, Instagram, Snapchat) avec toutes nos photos et péripéties.

Flip

4 commentaires

Lorkarnor

Magnifique récit avec une façon d’écrire vraiment top ! Bravo pour la rando les points de vue sont magnifiques !
Un randonneur d’Auvergne

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Liubov Siberian Husky

Quel fierté en tant qu’éleveur de voir ce que deviennent nos chiots et les aventures qu’ils partagent avec leurs maîtres (humains ;p)
Et merci pour ce superbe reportage en images.
Elevage Liubov

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PATRICK

Bravo pour l’originalité du récit, et la beauté des paysages !!
Vive l’Auvergne sauvage ;-))

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