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CET AUTRE BOUT DU MONDE…

Cet été, j’avais décidé de repartir au bout du monde, ou plutôt à un autre bout du monde. Après un printemps marqué par notre aptitude à savoir voyager immobile, le temps était revenu de saisir les opportunités de partir à l’aventure dans le « monde d’après », dans un mode raisonné qui tient compte de son environnement, de sa fragilité, permettant à chacun l’espace d’un instant de respirer à son aise, d’agir et de penser par soi-même.

Tout avait commencé par un voyage en train pour gagner mon point de départ. Mais ce voyage vers le bout du monde revêtait une saveur particulière. Il devait me mener sur des terres et des mers bien moins lointaines qu’à l’accoutumé. Ce bout du monde dont j’allais partir à la conquête se trouvait en Normandie.  L’objectif : rejoindre le cap d’Etretat depuis Paris en en suivant la Seine et ses méandres, puis la mer atteinte, en longeant la côte d’Albâtre en stand up paddle board (ce moyen de déplacement qui consiste à ramer debout sur une sorte de grande planche de surf). Tout cela avec un équipement minimum, sans tente et sans point de bivouac préétabli.

Sur le papier, tous les ingrédients étaient réunis. Une part d’inconnue, des paysages surprenants, des chemins et des pistes variés, la promesse de plonger dans des siècles d’histoire et de légendes, de naviguer au pieds d’imposantes falaises de craies blanches et enfin un final épique devant m’offrir un passage sous les célèbres arches d’Etretat.

C’est donc le mercredi 15 juillet que je m’élance de la gare Saint Lazare pour cette aventure made in Normandie ou presque. En réalité il me faudra parcourir 142 km entre béton et bitume, m’extrayant lentement de la région parisienne. Essayant de suivre l’itinéraire cyclable V33, je dois trouver nombreux itinéraires de contournement, la trace initiale longeant la Seine étant au choix, envahie par la végétation ou accaparée par l’industrie du bâtiment. Ce premier tronçon révèlera quelques passages à la fois agréables et inattendus, chemins aménagés au plus près de la Seine, sentiers aux allures sauvages, pistes sablonneuses en forêt… De quoi vous faire oublier que vous traversez l’un des territoires les plus urbanisé et industrialisé de France.

Progression dans la forêt de Maison Lafitte

L’entrée en Normandie se fait par la grande porte, Giverny, cité de l’impressionnisme, à jamais associée à l’œuvre de Claude Monnet. Je n’y fais qu’une courte halte, mon allure déjà poussiéreuse démarque avec celle du public sillonnant le village. La fin de journée approche, je trouve une boulangerie, y acquiert quelques victuailles pour la soirée et le lendemain matin. Il ne me reste plus qu’à trouver un lieu tranquille pour bivouaquer. Je dormirai à quelques mètres de la Seine, au pied d’un chêne certainement centenaire.

Dès les premières lueurs du jour, je remballe mon couchage puis reprends mon chemin. Je m’éloigne de temps à autres des berges paisibles du fleuve. La Normandie, ses reliefs, son histoire, son architecture, sa faune, sa flore, défilent au rythme de mes coups de pédales.

Une nuit à la belle étoile plus tard, après 396 km, la Seine finit par se confondre avec l’océan, quelques petites vagues lèches les pneumatiques de mon vélo, il est temps de changer de monture.

La Seine a disparu, il est temps de changer de monture

Place au stand up paddle. Mon paquetage transféré, je prends la mer ! Je progresse à contrecourant à près de 4.5km/hr. Peu importe la vitesse, tout n’est à cet instant que plaisir. Il me faut encore un bivouac, un portage obligatoire, une rencontre avec un phoque et d’innombrables coups de pagaies pour enfin passer la dernière arche naturelle d’Etretat. Quelle belle aventure !

Seul au monde, bivouac sur la plage de galets

Un final exceptionnel à l’approche d’Etretat

3 commentaires

Eric

Pas de grosse logistique, un train, un gravel et c’est parti ! Belle aventure de poche ! Merci pour le partage.

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