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Un lumineux voyage

Je regarde mon copain, paisiblement endormi dans son sac de couchage, en prenant un sommaire petit-déjeuner. Il a le goût légèrement amer de la fin des vacances, mais aussi celui de la fierté d’avoir réussi. C’est le dernier jour de notre périple. De notre premier voyage à vélo. J’ai 18 ans, lui 20, et, poussés par nos envies d’aventure et d’ailleurs après cette étrange année, nous avons décidé de parcourir 600 km en vélo, de Bordeaux en Hendaye en passant par Royan. De découvrir un peu plus notre joli pays, de manière écologique et économique.

Je continue de l’observer, il est bronzé et recouvert de piqûres. Soleil et moustiques. Océan et marécages. Descentes et montées. Bonheur et bonheur. Je me rallonge, sourire aux lèvres et yeux ouverts. Décidément, il n’y a pas de lumière plus belle que celle filtrée par une toile de tente. Et pourtant, nous avons eu la chance d’en voir, des lumières, au cours de ces deux semaines passées à pédaler le long du canal entre deux mers et de la Vélodyssée. Nous avons eu le droit à la lumière crue et brûlante dans les vignes de la région Bordelaise, près de Blaye, qui avaient le goût du raisin fraîchement cueilli et l’odeur de la crème solaire appliquée généreusement.

La lumière d’une soirée dans les vignes : idéale pour dessiner et remplir son carnet de voy age

Nous avons connu les rayons filtrés par les stores du ferry qui allait nous emmener de Royan à l’océan, excités comme des enfants à l’idée de retrouver les vagues bruyantes et le sel sur notre peau. Il y aussi eu la lumière particulière de tous les couchers de soleil, qui ont la faculté  d’être tous étrangement différents. Il y a eu celui qui trônait au dessus de nos têtes au lac d’Hourtin. Plus qu’un coucher de soleil, ce fut une véritable peinture qui se créait de seconde en seconde. Assis dans l’eau chaude et douce, nous sommes restés fascinés jusqu’à la fin par un soleil qui semblait vouloir nous impressionner.

Lac et coucher de soleil : un tableau stupéfiant

Je sais aussi que je me souviendrai longtemps de celui auquel nous avons assisté dans la ville de Soulac sur Mer, en se préparant à manger sur la plage. Celui-ci fleurait bon la bêtise et le danger, car nous étions passivement en train de profiter du spectacle de la nature, en repoussant à plus tard la question de trouver un endroit où dormir.

Même cuisiné au réchaud, un repas a la goût de la gastronomie lorsqu’il est pris à la tombée du crépuscule

Ce coucher de soleil nous a fait connaître la lumière des lampes frontales, allumées pour chercher un bivouac dans une forêt obscure, où chaque bruit, chaque œil brillant devient particulièrement effrayant. Enfin, nous avons connu la luminosité violette et sombre des nuits d’orage. L’assombrissement caractéristique du moment où l’on sait déjà que nous allons finir trempés jusqu’aux os, à trouver un moyen de ne pas inonder notre tente qui n’est étanche que dans nos rêves, tout en profitant que la pluie ne se soit pas encore transformée en grêle pour prendre une douche, élément rare et luxueux de notre périple à vélo.

Toutes ces lumières, ce sont les fonds des tableaux de souvenirs que je garderai toute ma vie. Ce sont celles qui ont mis en valeur tant de paysages, entre Bordeaux et Hendaye. Celles qui ont éclairé les visages de chaque personne rencontrée, de nos amis de bivouac d’un soir aux automobilistes énervés, en passant par les sangliers qui ont préféré notre tente à la forêt.

Ces lumières, ce sont celles qui me font rire de toutes les galères rencontrées, et qui ne me donnent envie que d’une chose : repartir.

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